16 avril 2010

Je file demain matin en voiture, direction Montpellier, je vais y déménager ma fille étudiante qui a pratiquement fini son année (il lui reste "juste" une semaine de vacances, puis une semaine de partiels, et trois mois de stage, qu'elle effectuera près de chez moi, dans une usine aéronotique, pour mettre au point un robot qui insère des fibres spéciales dans un genre de peinture, mais j'ai pas tout compris...). Au passage je dépose mon plus jeune fils chez son père à Toulouse, il y passe une semaine. Dimanche, retour sur la côte basque.

Et lundi, je prends le train pour aller voir mes parents à Paris, ma mère ne va pas fort du tout, c'est le moins qu'on puisse dire. J'y resterai jusqu'à samedi. Je dois dire que je crains ce séjour. Devant les problèmes de liaisons ferroviaires j'avais pensé annuler ce voyage à la capitale, mais je sens bien que mes parents comptent vraiment me voir (la déception de mon père au téléphone était difficile à supporter).

Je ne suis pas sure de bien vivre la déchéance physique de ma mère, 85 ans, 6 enfants, 8 grossesses, ancienne très grosse fumeuse, diabétique, cardiaque et dialysée depuis plusieurs années, elle s'est cassé le col du fémur il y a 15 jours. Elle a été opérée. Elle est de retour chez elle depuis moins d'une semaine, avec un système type hospitalisation à domicile. Aides soignantes, infirmières, kiné... et le déambulateur qui a fait son appartition, avec les couches, au moins pour la nuit. Les deux fistules servant aux dialyses sont devenues inutilisables, on va devoir lui poser un catéther, source potentielle d'infections diverses sur un organisme au bout du rouleau.

Ma mère "a toute sa tête", elle me bat au scrabble et au compte est bon sans problème, elle peut retracer l'arbre généalogique de plusieurs branches de la famille jusqu'aux temps de la conquête de l'Algérie au moins, elle connaît encore par coeur sa grammaire latine, des pans entiers de la légende des siècles ou réciter le bateau ivre sans se tromper...

Et elle explique que "c'est long", et qu'elle souffre, et ...

J'ai peur, je ne suis pas prête, ni à la voir disparaître, ni à soutenir mon père qui s'effondrera alors...

Posté par chez perne à 23:22 - Commentaires [3] - Permalien [#]


Commentaires sur Je file demain matin en voiture, direction

    Courage. Bises.

    Posté par Aude, 17 avril 2010 à 07:53 | | Répondre
  • Bises

    Posté par Berthoise, 17 avril 2010 à 09:15 | | Répondre
  • c'est bien que tu sois partie les soutenir . bises

    Posté par zigmund, 18 avril 2010 à 15:01 | | Répondre
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